Histoire

La position géographique, l’omni présence de sources et de rivières, la disponibilité de forêts et de terrains de fonds de vallées bien abrités, ainsi que la richesse minérale du sous-sols, ont permis une intense activité humaine depuis des millénaires. En témoignent les mégalithes (pierres plantées, dolmens), grottes, tumulus, cases à encoches, vestiges d’exploitations minières, …

Le nom de Paulin,

Paulin

Qui a donné celui de Paulinet, viennent certainement d’un personnage romain  (Paulinius), installé dans le secteur après la conquête de la Gaule. En effet la grande voie romaine de «Béziers à Cahors » passait tout près de Paulinet (Alban), entre Roquecézière (rocher de César !) et Albi.

Le château et le Vicomté de Paulin

Ils fondent l’histoire de Paulinet.

Juché sur son nid d’aigle, dominant de plus de 100 m les gorges de l’Oulas, le château de Paulin (site inscrit) est le patrimoine de référence de la commune. Pendant près de 8 siècles, le Vicomté de Paulin a eu un très grand rayonnement.

D’abord simple castrum, puis seigneurie, implanté sur un point imprenable, le château fort s’est agrandi au cours des siècles et est devenu plus confortable, avec notamment la construction d’une aile renaissance. L’ensemble du bâti a été entièrement réhabilité à partir de 1986.

Au cours des siècles son rayonnement et très large. Il s’étend au 13ème et début du 14ème siècle sur 32 « Seigneurs vassaux » de la vallée du Tarn et du Rance jusqu’à Réalmont et même le Lauragais…

Ce dynamisme retentit sur la vie locale, ouverture de mines, développement de l’agriculture et de l’artisanat, la construction de moulins, de villages et d’églises, …

Après une longue période de difficultés historiques, guerre de cent ans et guerres de religions (le Vicomte de Paulin, Bertrand de Rabastens, avait été nommé « général du parti Calviniste dans le haut Languedoc »), mais aussi de problèmes de successions, le Vicomté s’affaiblit. La lignée des vicomtes de Paulin s’éteint discrètement en 1868.

Au 17ème siècle la « Communauté de Paulin » s’organise

Comme dans chaque communauté, suite à un édit d’aout 1692, à Paulin sont désignés : un maires « perpétuel», un juge, un huissier, …

Toujours en 1692 (le quinzième de Novembre Mil Six Cent Quatre Vingt Douctze), « le Livre Compois Terrien du Viscompté et la Communauté de Paulin (1) » est transmis au diocèse d’Albi. Ce premier « cadastre » est une mine d’informations. Ce document est consultable à la mairie de Paulinet. Un travail d’analyse sur ce Compois et sur le registre de capitations (recensement des personnes, qui est conservé à la bibliothèque départementale) a été réalisé par Virginie Blanc, il est également disponible en mairie.

La municipalité de Paulin est créée en 1790. Elle devient commune en 1799 et comprend alors Teillet et une partie de Massals. En 1897 la commune prend le nom de Paulinet.

Télécharger l'historique du vicomté de Paulin

L’hécatombe de « 14 - 18 »

bataillon

La commune de Paulinet a payé un très lourd tribut à la grande guerre. Comme beaucoup de zones rurales et de montagne leurs soldats courageux ont été envoyés dans les zones de combats difficiles. Plus de 100 morts, des blessés, un territoire endeuillé et privé de ses forces vives. C’est une étape décisive dans le déclin démographique.

Liste des hommes morts pour la france

Un potentiel minier conséquent et très varié

C’est l’un des atouts historiques majeurs du territoire communal et des communes voisines.  L’exploitation  minière (fer, cuivre, Fluorine, Barytine, …) et les activités connexes (fabrication de charbon de bois, lavage, tamisage et moulines, fonderies, forges et martinets, ainsi que l’artisanat de service induit,…) se sont surtout développées dans les  vallées. Ainsi dans l’Ambias,  l’Ambiasselle et le Dadou, en particulier autour du site de St jean de Jeannes (anciennement rattaché au château de Jane situé sur le plateau de Rayssac) qui peut être considéré comme la capitale historique des activités minières locales ! Mais des activités minières  importantes  se sont aussi  installées dans vallées de l’Oulas, de l’Assou, du Ferrier, du ruisseau de Brigoux et le plateau de La Brandié, ...

L’intérêt du minerai de fer local tenait notamment  à la présence d’un peu de Fluorine mélangée qui permettait de  fondre le métal à une température bien plus basse qu’ailleurs !

Télécharger : la mine du Burg et le spath fluor

L’exploitation minière de la fluorine

Connu également sous le nom de Fluor ou Spath Fluor, elle ateint son apogée dans la deuxième moitié du XXème siècle. Car au-delà de son intérêt historique initial, c'est-à-dire sa fonction de « fondant », ce minerai  (CaF2) est utilisé pour l’industrie métallurgique moderne (aciers spéciaux, Aluminium, …) et par l’industrie chimique.

L’exploitation de la Fluorine, s’est développée notamment grâce  à la Société SOGEREM. Elle a  relancé des mines à Saint Jean de Jeannes (le Moulinal) et au Burc. Puis la mécanisation aidant ouvert  d’immenses carrières à Rayssac et à Mont Roc. Une unité industrielle de traitement du minerai s’est installée près du lac de Razisse. Pendant « l’âge d’or du Fluor » près de 200 emplois directs et induits dépendaient de la mine. Cette activité s’est arrêtée en 2006. Il reste  cependant de très nombreuses traces et en particulier les deux grands panoramas minéraux des exploitations à ciel ouvert du Moulinal-Rayssac et de Mont Roc (près du barrage de Razisse).

Pour plus d'information : http://www.minerauxetfossiles.com

Culture Celte et Esprit Montagnard,

Ils ont fortement marqué le territoire de Paulinet, comme dans une grande partie du Massif Central.  Ces contrées ont été peu touchées par les diverses invasions. Elles disposaient d’un relief difficile, d’un climat rigoureux  et d’une bonne auto-défense ! Aussi l’enracinement de la culture Celte est profond. On la retrouve certes dans les traditions musicales (mélodies, instruments, et même paroles !), mais aussi dans les comportements et les valeurs de vie. Ainsi, Paulinet est un territoire industrieux (comme nos cousins Auvergnats, Bretons ou Irlandais !) où les gens ne se complaisent pas dans des positions d’assistés. Ils sont créatifs et rigoureux au travail. Rigoureux aussi dans la vie sociale et morale : la famille et les valeurs ça compte ! Aimant la fête et les bons repas (grâce à nos produits locaux d’exception !), la population a aussi toujours témoigné un sens de la spiritualité et une grande attention à la religion. En témoigne le très important patrimoine cultuel dans les villages ou à la croisée des chemins (croix, oratoires, chapelles, calvaires, statuettes,  noms de lieux, …).

Les moulins, un patrimoine exceptionnel

Mais malheureusement aujourd’hui en partie disparu ! Plus d’une trentaine de moulins il y a un bon siècle, aujourd’hui, à peine la moitié d’entre eux subsistent et très peu ont conservé tous leurs équipements.

Puisant  leur énergie mécanique dans de petites chutes  d’eau (2 à 4 m et 5 m pour la plus haute à St Jean !), ils avaient des fonctions très diverses : fabrication de farine, tamisage et écrasement de minerais, forge, sciage du bois, cardage et tissage, et plus récemment production d’hydroélectricité (dont une petite centrale récente sur l’Oulas (1965) près de Paulin.

Compoix de 1690

Il s'agit d'un document cadastral d'Ancien Régime contenant le détail de toutes les possessions de la Vicomté de Paulin classées hameau par hameau et propriétaire par propriétaire.

Consultable en mairie aux heures d 'ouverture.

"Remarques sur le compoix de Paulin"